Tiahuanaco ou Tiawanaku datation

Para Archeologos

La civilisation de Tiwanaku (en aymara, ou Tiahuanaco, nom de la ville moderne en espagnol), est une civilisation pré-inca qui a dominé la moitié sud des Andes centrales entre le Ve siècle et le XIe siècle.

Géographie

La civilisation de Tiwanaku a pris naissance sur la rive sud du lac Titicaca, à plus de 3 800 mètres d’altitude, aux environs du site archéologique de la Cité du Soleil de Tiahuanaco. Son extension maximale est mal connue, mais les recherches archéologiques témoignent d’une expansion sur de vastes territoires en direction du sud et du sud-est du lac Titicaca. Ces régions correspondent à l’actuel nord du Chili et à l’ouest de la Bolivie.

Histoire

Quoique déjà peuplée en 800 av. J.-C., Tiwanaku ne se serait pas affirmée avant -500 et ne se serait étendue au-delà des berges méridionales du lac que deux siècles après le déclin de Chavín. Son expansion vers le sud et vers l’ouest en aurait fait, selon Alan Kolata, un « État prédateur ». Plutôt qu’un régime militaire fortement centralisé, il ne se serait agi que d’un archipel de cités fédérées par la reconnaissance de la prééminence religieuse. Impressionnés par la magnificence et redoutant les puissances surnaturelles contrôlées par les prêtres, les roitelets locaux se seraient soumis sans hésiter… Au sein de cette mécanique d’intimidation, la capitale du même nom serait le rouage majeur décisif.

L’histoire de la civilisation de Tiwanaku et de la capitale du même nom, peut être subdivisée en quatre époques :

formative, un peu avant le Xe siècle av. J.-C. au IIIe siècle ;
intermédiaire, du IIIe siècle au VIe siècle ;
classique, du VIe siècle à la fin du Xe siècle (la datation la plus tardive obtenue d’un monument de Tiwanaku au carbone 14 remonte à 950) ;
tardive, du Xe siècle jusqu’au XVIe siècle (mais dans la majorité des études archéologiques on considère la civilisation de Tiwanaku comme disparue dès le XIIe siècle, voire à partir du XIe siècle).

Hypothèses d’une origine plus ancienne

Selon certaines hypothèses littéraires, émises par Arthur Posnansky ou Rolf Müller et relayées par des journalistes comme Robert Charroux ou Serge Hutin, la construction de la plus ancienne cité de cette civilisation remonterait à plus de 10 000 ans av. J.-C. Elles se fondent notamment sur différentes constructions interprétées comme des quais, mais qui se trouvent à une distance du lac qui ferait remonter leur construction à 15 000 ans av. J.-C., à l’époque où le lac aurait pu longer ces constructions ; un autre argument de cette théorie est l’interprétation de dessins et de gravures d’animaux comme des représentations d’espèces disparues à la fin du Pléistocène, c’est-à-dire vers 12 000 ans av. J.-C.

Le principal élément qui permet de donner une datation qui remonterait au-delà de 10 000 ans av. J.-C. est d’ordre astro-archéologique. En effet, le site présente des portes et des piliers latéraux qui sont alignés sur les équinoxes (porte) et sur les solstices (poteaux). Or, la date à laquelle les solstices se levaient dans l’axe des poteaux est bien plus ancienne que les théories proposées. Il faut remonter plus loin que 10 000 ans av. J.-C. pour que le site coïncide avec les solstices.

Culture

La civilisation de Tiwanaku présente une grande maîtrise de la taille de la pierre et une architecture préfigurant celle des Incas. La civilisation de Tiwanaku a fortement influencé celle de Huari.

La Cité du Soleil

Le temple de Kalasasaya et ses environs

Un des principaux sites archéologiques actuels de la civilisation de Tiwanaku est la Cité du Soleil, lieu de célébration du dieu créateur Kon Tici Viracocha ; elle comporte de nombreux édifices à vocation cérémonielle dont le principal est le temple de Kalasasaya, une vaste enceinte close.

Les deux plus célèbres monuments environnants sont la pyramide à sept degrés d’Akapana et la fameuse Porte du Soleil, considérée par certaines recherches comme un repère astronomique du fait de son alignement avec le soleil, et par d’autres comme un observatoire.

La pyramide peut apparaître comme une mini-réplique du temple de Kalasasaya, chacune de ses terrasses étant ornée de statues monolithiques sur ses bords. Une autre thèse interprète le monticule comme une figuration des montagnes de la Cordillère des Andes. Le sommet de la pyramide est occupé par des cases — dont l’usage reste inconnu — disposées autour d’une cour intérieure.

En contrebas d’Akapana un contraste saisissant apparaît avec le temple semi-souterrain (semisubterraneo). Celui-ci impressionne par son ingénieux système de canalisations traversant la pyramide pour faire jaillir de l’eau en haut de l’Akapana, qui se déversait ensuite d’un étage à l’autre, le spectacle devait se situer entre celui que dégage une rizière et celui d’une fontaine… Cette magnifique cascade artificielle symbolise certainement les sources du Nevado Illimani.

Enfin des monolithes, comme ceux de Benett et de Ponce, que certains archéologues rapprochent des Moaïs de l’île de Pâques, sont orientés à l’intérieur du site.

Statue anthropomorphe rappelant un Moaï de l’île de Pâques.

Vue partielle de la pyramide d’Akapana

La pyramide d’Akapana

Le paysage est dominé par Akapana, pyramide en gradins à sept niveaux au plan général évoquant la croix des Andes. Ce dernier emblème, à structure échelonnée, lui aussi serait omniprésent dans l’art des hautes terres, imitant selon certains la croix du Sud et reproduisant pour d’autres les quatre parties de l’univers… Quoi qu’il en soit, ses architectes font preuve d’un sens certain du spectaculaire : murs de pied faits de blocs de grès ponctués tous les trois mètres de piliers à base rectangulaire de trois mètres de haut.

Cet aspect si massif frappe Pedro Cieza de León, premier Européen à découvrir Tiwanaku et qui ne peut, avoue-t-il, « ni comprendre, ni deviner quels outils ou instruments avaient permis de les façonner »… Érigée au centre d’une large douve, Akapana s’intègre par sa forme aux montagnes voisines environnantes. Un réseau très perfectionné de canalisations accentuerait la similitude avec le ruissellement de l’eau sur ses flancs à partir de la citerne placée au sommet: eaux de pluie dégringolant sur les versants des Andes ?

 

 

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