Ronald DeFeo Jr, le tueur possédé par un démon d’Amithyville (arrêté en 1975)

LES TUEURS EN SÉRIE

LES FAITS

Ronald Joseph DeFeo Jr., né le 26 septembre 1951, est un criminel américain à l’origine de l’affaire d’Amityville qui a inspiré une série de livres et de films d’horreur américains.

Dans la nuit du 13 novembre 1974, à 3h15, Ronald DeFeo assassina son père, Ronald DeFeo Sr., 43 ans, sa mère Louise DeFeo, 42 ans, et ses quatre frères et sœurs : Dawn, 18 ans ; Allison, 13 ans ; Marc, 12 ans ; et John Matthew, 9 ans. Il se serait servi d’une carabine Marlin Model 336 de calibre .35. Ronald DeFeo Jr. était l’aîné de la famille.

Il ne s’accusa pas immédiatement des meurtres, mais sa version des faits comportait de telles incohérences qu’il avoua dès le lendemain. Il dit aux inspecteurs : « Once I started, I just couldn’t stop. It went so fast. » (« Une fois que j’avais commencé, il m’était simplement impossible de m’arrêter. Ça s’est passé si vite. »), et il affirma aussi avoir été comme manipulé par une entité qu’il appela « Le Diable ».

Le 21 novembre 1975, Ronald DeFeo Jr a été déclaré coupable des six meurtres. Le 4 décembre 1975, le juge Thomas Stark le condamna à six peines consécutives d’emprisonnement allant de 25 ans à la perpétuité. L’hypothèse de la folie plaidée par la défense ne fut pas retenue. DeFeo est actuellement détenu dans la prison de Green Haven à Beekman. Aucun de ses appels n’a abouti.

LA MAISON

La maison est située dans les quartiers aisés d’Amityville, au 112 Ocean Avenue, à l’époque, actuellement au 108 de l’avenue. Elle fut édifiée en 1928 sur quatre niveaux (deux étages) dans un pur style colonial Hollandais. Après les événements, et probablement après la diffusion du film, les deux lucarnes du dernier étage sont souvent perçues comme les yeux du Diable. Après les meurtres, la maison fut repeinte en blanc par l’agence immobilière. En effet, son passé macabre n’attirant guère d’éventuels acquéreurs, sa couleur sombre n’arrangeait rien.

De nombreux mythes particulièrement fantaisistes ont été conçus postérieurement pour justifier les « événements » décrits par la famille Lutz et Jay Anson. Parmi ces récits, dont l’invraisemblance a été démontrée, on peut citer l’histoire d’un certain John Ketchum qui, chassé de Salem vers la fin de l’an 1600 pour sorcellerie, aurait vécu à l’endroit même où a été érigée la maison. D’autres récits préfèrent voir Amityville comme le site d’un ancien cimetière indien. Ces récits sont très empreints de la mythologie fantastique américaine, et n’ont aucun fondement historique.

Lien sur l’article « la véritable maison d’Amithyville mise en vente » de Paris fait son cinéma (du 18 juin 2016)

Lien vers documentaire : Amityville, le drame des DeFeo – LES DOSSIERS WARREN 

Photo prise d’un enfant mystérieux aux yeux fluorescents

Les DeFeo (1965-1974)

En 1965, la famille DeFeo achète la maison et s’y installe. Le père, Ronald DeFeo Sr., est directeur général de La Brigante-Karl Buick Concession à Brooklyn. Il est marié à Louise Brigante et ils ont cinq enfants : Ronald Jr., 23 ans, Dawn, 18 ans, Allison, 13 ans, Mark, 12 ans et John 9 ans (âges au moment des faits semble-t-il).

Les meurtres

Le mercredi 13 novembre 1974, à 3 h 15 du matin, Ronald DeFeo Jr. prend son fusil calibre 357 magnum (on parle aussi d’un Marlin 35), et assassine son père, sa mère, ses deux frères et ses deux sœurs pendant qu’ils dorment dans leurs lits respectifs. Le mystère qui subsiste réside dans le fait qu’aucun voisin n’a entendu de coup de feu et que selon l’autopsie, les corps n’ont pas été déplacés.

Le constat de la police

Le 13 novembre 1974, à 18 h 35, la police reçoit un appel téléphonique d’un certain Joey Yeswit. Ce dernier les appelle pour les prévenir qu’un jeune homme est passé dans un bar pour signaler que toute sa famille avait été tuée, qu’il s’est rendu sur les lieux avec le jeune homme et plusieurs autres personnes et qu’ils y ont en effet découvert les cadavres de toute la famille. Dix minutes plus tard, la police arrive sur les lieux et y constate le meurtre de toute la famille DeFeo.

Ronald DeFeo Jr. affirme avoir passé la nuit chez ses parents mais ne pouvant s’endormir, avoir quitté la maison vers 4 heures du matin pour aller travailler. Il prétend avoir ensuite passé la journée à travailler, essayé plusieurs fois de contacter ses parents par téléphone et finalement décidé d’aller les voir en fin de journée, découvrant ainsi le massacre. Au fur et à mesure des interrogatoires, les doutes des policiers et les contradictions du fils aîné amènent les inspecteurs à le considérer comme suspect. Finalement après plusieurs heures d’interrogatoire, Ronald DeFeo Jr. avoue le crime.

Le procès

L’audition préliminaire a lieu le 22 septembre 1975 ; on plaide la folie pour Ronald DeFeo Jr. Ce dernier prétend que c’est le diable ou des voix qui lui auraient dit : « attrape-les, tue-les » , mais Ronald DeFeo Jr. est condamné à six peines consécutives d’emprisonnement de vingt-cinq ans à la prison spéciale de Danemorra. L’affaire est classée par les scientifiques qui refusent d’y voir autre chose qu’une folie meurtrière. Quand il se retrouve derrière les barreaux, la maison familiale est mise en vente au prix de 80 000 dollars.

Une enquête inachevée

Il a été noté que la chemise de nuit de la sœur de Ronald, Dawn DeFeo, avait des traces de poudre non brulée. Ces traces sont caractéristiques d’un coup de feu non en tant que victime mais en tant que tireur. Il est probable que Dawn ait tiré au moins une fois avec le fusil ou qu’elle se soit simplement trouvée à proximité lors d’un tir comme l’a fait remarquer l’expert en balistique Alfred Della Penna. Ce détail, pourtant laissé de côté par les forces de l’ordre, a considérablement changé le cours de toute cette affaire. (Les enquêteurs de l’époque avaient en effet un taux de résolution de crimes de l’ordre de 94 % quand la moyenne nationale pour les mêmes genres d’affaires tournait autour de 48 %). Quoi qu’il en soit, Ronald DeFeo Jr. n’a peut-être pas commis ces meurtres seul et le légiste confirmera cette hypothèse en expliquant dans son rapport que « trois personnes sont à l’origine de ces meurtres ». Cette fameuse chemise de nuit de Dawn DeFeo n’a toujours pas été analysée à ce jour comme indice important, et lorsque Christopher Berry-Dee, qui s’est entretenu avec Ronald DeFeo Jr ainsi qu’avec un grand nombre de tueurs en série, pose la question à l’inspecteur responsable à l’époque Dennis Rafferty, ce dernier lui répond : « Aucune chance ! Ces trucs ne seront jamais réexaminés. On s’en assurera ». Il faut comprendre par « ces trucs » : la chemise de nuit de Dawn, un sac de cartouches, trois taies d’oreiller, un oreiller taché de sang et les habits de Ronald DeFeo Jr alias Butch. D’après Butch, ses habits seraient maculés de son propre sang, venant des interrogatoires musclés.

Conclusion sur cette affaire : la grande question est la suivante, comment en pleine nuit, la famille a pu rester endormie sous les coups de feu portés à proximité des victimes, DeFeo Jr n’aurait-il drogué sa famille avant de les massacrer. Aucune trace de drogue n’a cependant été trouvée dans le dépistage toxicologique des victimes. Cela restera un mystère, comme ci la famille était parti dans un autre monde.

L’HISTOIRE DE LA MAISON

Depuis lors, la maison est passée entre de nombreuses mains et aucun des propriétaires qui l’ont achetée après les Lutz n’a jamais signalé une quelconque manifestation anormale. Un grand nombre des phénomènes décrits ont trouvé une explication banale. De nombreuses contradictions et déformations dans les propres propos de la famille Lutz jettent par ailleurs un voile de discrédit sur leur récit. La ville d’Amityville ne fait aucune publicité.

Les Lutz (1975-1976)

Malgré le passé macabre de la grande demeure, une nouvelle famille, les Lutz, y emménagent le 18 décembre 1975. George Lutz, 28 ans, propriétaire d’un cabinet de géomètres, visite la propriété avec sa femme Kathleen. Ils viennent de se marier et ont trois enfants d’un premier mariage. Ils croient avoir trouvé la maison de leurs rêves et s’en portent acquéreurs. Après leur installation, ils se prétendent témoins d’une série d’événements de nature paranormale et s’en ouvrent au journaliste et écrivain Jay Anson qui en tire un récit romancé à grand succès présenté comme un documentaire : The Amityville Horror – A True Story (littéralement, « L’horreur d’Amityville – Une histoire vraie », paru en français sous le titre Amityville : La Maison du diable).

Premier événement

Une des premières actions des Lutz est de demander à un prêtre, le Père Ralph J. Pecoraro, de venir bénir la maison. Au début de la bénédiction il commence par la chambre où les deux jeunes garçons sont morts, le prêtre dit entendre une voix, forte, semblant venir de nulle part, lui disant simplement : « Va-t’en ! », et des mouches venues de nulle part l’auraient attaqué.

« La maison du Diable »

À l’arrivée de la famille, la maison est intacte et aucun mobilier n’a été enlevé. Selon les témoignages des Lutz, nombre de phénomènes inexpliqués surviennent ensuite. La famille constate d’énormes variations de température, la présence de l’odeur écœurante d’un vieux parfum, la formation de taches noires sur les sanitaires et l’apparition de nuées de mouches malgré la saison hivernale. Les Lutz arrivent rapidement à la conclusion que la maison de leurs rêves est en fait un endroit cauchemardesque. Ils partent au bout de 28 jours, en laissant une majorité de leurs biens sur place.

Ed & Lorraine Warren (deuxième et troisième photo de gauche) ont été impliqués en tant que démonologues sur l’affaire. Ils ont été très critiqués comme étant frauduleux et malhonnais dans de nombreux cas, y compris leur implication dans The Enfield Poltergeist en 1978.

Il existe sans aucun doute d’énormes divergences entre le roman, le film et ce que les Lutz ont réellement réussi. Même les événements dans le roman ont été changés avec différentes éditions parce qu’ils étaient inexacts. Ce n’est pas mon souci dans cet article. L’écriture du livre et la réalisation du film sont des actions que les Lutz ont eu très peu de contrôle et, comme l’a dit George Lutz, c’était très « Hollywood » (Entretien avec Art Bell 2002).

Selon George et Kathy, pendant les 28 jours où ils sont restés dans la maison, ils ont connu un milieu d’événements paranormaux. Leurs déclarations réelles étaient les suivantes:

-George se réveillant en même temps le matin que les meurtres sont arrivés (3:15)
– Des essaims de mouches en hiver
– Kathy a des cauchemars des meurtres
– Kathy sentit être embrassée par une présence aimante
– George découvre une petite pièce cachée
– Points froids
– L’odeur du parfum
– George voyant l’image d’un démon qui avait sa tête coupée à moitié en train de tirer le feu
– Melissa a développé un ami imaginaire Jodi pendant sa maison
– George a compris qu’il ressemblait à Defeo Jr. et a commencé à boire au bar local de Defeo qui avait fréquenté.
– Kathy vit des yeux brillants à l’extérieur de la fenêtre de la chambre à coucher de Melissa
– Kathy a reçu des verrues sur sa poitrine pendant son lit
-La force invisible perturbe les verrous, les portes et les fenêtres.
– Cloves, ils pensaient qu’ils étaient un porc énorme qu’ils avaient vu dehors dans la neige.
– Crucifix a tourné jusqu’à ce qu’il soit accroché à l’envers dans le salon et ait une odeur acidulée.
– Vert comme une gélatine écrasée des murs dans le hall et hors du trou de serrure dans la porte du grenier.
– George a trébuché sur l’ornement de Lion de Chine dans la salle de séjour seulement pour trouver des marques de morsure sur ses chevilles et donc il a déplacé le lion, seulement pour le faire réapparaître.
– George vit transformer Kathy en une femme de 90 ans
– Melissa chantait seulement dans sa chambre et s’arrêtait quand elle est partie, puis chante en rentrant.
Kathy entendait les fenêtres s’ouvrir et se fermer dans la salle de couture.

 

News article from The Star, July 1979. The Lutzes pass a polygraph test.

Lien vers un documentaire : la controverse des Lutz

Les Cromarty (1977-1987)

The Cromartys in their living room. Photo from LI Magazine

C’est en 1977 que James Cromarty (77 ans) et sa femme Barbara achètent la maison. Après la sortie du livre et du film de 1979, la maison fut assaillie de touristes. En espérant dérouter ces derniers, la famille Cromarty fit modifier l’adresse postale en modifiant le numéro 112 par 108. Ils restèrent une décennie dans cette maison, et ont toujours affirmé que jamais rien d’étrange ne s’y était déroulé durant leur séjour.

Les O’Neill (1987-1997)

En 1987, Peter O’Neill et sa femme Jeanne achetèrent la demeure pour la revendre en 1997 au prix de 310 000 $. Toujours dans l’espoir de dérouter les curieux, ils remplacèrent les fenêtres en quart de lune par d’autres de forme standard.

Année 2010

À la fin du mois de mai 2010, la maison est mise en vente au prix de 1 150 000 dollars (929 315 €), avant d’être vendue en août 2010. En ce même mois, après l’achat de la maison, les propriétaires ont organisé un vide-grenier dans leur nouvelle maison. Des centaines de personnes étaient présentes pour l’événement. Ils étaient autorisés à entrer dans la maison, mais n’ont pas eu accès au sous-sol et aux étages.

Lien vers la véritable d’Amithyville par Mindshadow.fr

Lien vers le documentaire sur « Amithyville, la vraie histoire »

ARTICLE ANNEXE

« Amityville » de Stuart Rosenberg (1979)

Dossier Ed et Lorraine Warren

 

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