Piste 3 : Les Guanches – îles Canaries (Açores)

Atlantis

« au-delà des colonnes d’Hercule », c’est-à-dire à l’ouest de Gibraltar. Et les envahisseurs seraient venus « des profondeurs de la mer atlantique » , Platon
Pour les tenants de la thèse de l’Atlantide atlantique, les archipels des Canaries et des Açores constitueraient les ultimes vestiges du continent englouti. Qu’on soit d’accord ou pas avec cette hypothèse, il faut reconnaître que l’origine des premiers Canariens pose un réel problème ethnologique.Ainsi, quand les navigateurs français débarquèrent en 1406 pour la première fois aux îles Canaries, ils se trouvèrent en présence d’indigènes au teint clair et de taille haute, qui se désignaient eux-mêmes sous le terme de Guanches, mot qui veut dire ” homme “.

Lorsqu’il fut possible de comprendre leur langue, les Français ne furent pas peu étonnés de voir que ces Guanches se croyaient seuls au monde, persuadés d’être les derniers survivants d’une terrible catastrophe qui, plusieurs millénaires auparavant, avait anéanti l’humanité toute entière. Pendant près de 60 ans, les Français vécurent en harmonie avec les populations locales. Au début, cependant, le peuple guanche s’opposa à cette incursion étrangère. Avant que Jean de Bethencourt chambellan de Charles VI, puisse étendre son hégémonie sur les Canaries, ses troupes eurent à faire face à la résistance désespérée des Guanches qui préféraient la mort à la servitude.

Dans ces combats, les Français reconnurent le courage et la bonne foi de ces indigènes. Jean de Béthencourt racontera d’ailleurs lui-même que ses soldats s’étant emparés d’un groupe de femmes réfugiées dans une grotte de Fuerteventura, ils virent l’une d’elles étrangler son enfant pour qu’il ne tombât pas entre les mains des envahisseurs.
La conquête de l’archipel des Canaries par les Espagnols, en 1478, acheva de réduire ce peuple à l’impuissance. Dans ce même temps, une épouvantable épidémie, appelée par les Espagnols ” modorra “, décima les Guanches qui n’avaient pas accepté la défaite.

Dès lors, les survivants se virent offrir le baptême et leurs noms désormais hispanisés se confondirent bientôt avec ceux des conquérants. Des mariages, enfin, perpétuèrent cette confusion et il naquit de ces unions de enfants fiers comme des Espagnols et mélancoliques comme des Guanches.

•Les guanches, une civilisation embarrassante•

Les Pyramides de Güímar

Les ethnologues anciens et modernes qui ont étudié la nature de cette race guanche ont distingué deux types bien distincts. L’un, le plus répandu, de taille haute supérieure à 1,80 m-, imberbe, aux yeux et à la peau clairs, et au front de penseur. L’autre, de taille plus réduite, avec une peau sensiblement plus brune, des yeux de jais et un profil convexe qui révélerait un origine sémite. Il y a encore, mais de façon très localisée, à Gomera, des individus de courte taille et à tête large. Les Français d’abord, puis les Espagnols, furent très étonnés d’observer ce peuple guanche aux mœurs si archaïques, mais héritiers d’une civilisation évoluée et originale. Tout en ignorant l’usage des métaux et des tissus et n’utilisant que des outils en pierre, ils connaissaient en revanche l’écriture, l’astronomie et appréciaient la poésie. Leur législation, encore, était très élaborée et leur religion avait des rites compliqués. L’alphabet des Guanches, fort heureusement recueilli par les premiers missionnaires envoyés aux Canaries, ressemble aux alphabets des langues sémitiques (Phénicien, Carthaginois, Hébreu). Mais on a découvert à plusieurs reprises dans les îles de l’archipel, des inscriptions en caractères inconnus. lors d’un voyage effectué sur place, Robert Charroux a pu photographier une des ces inscriptions alphabétiformes à La Caleta (île Hierro).

En tout état de cause, les linguistes ont pu d’ores et déjà établir certaines connexions entre le Guanche et les dialectes parlés par les Touaregs et par les Berbères, et plus spécialement par les Senhadja qui habitent le Hoggar. Des traces d’influence arabe semblent certaines. Il ne fait aucun doute, pour le moins, que le monde antique connut l’existence des Guanches. Ainsi, le roi de Mauritanie, Juba II, qui vivait au Ier siècle de notre ère, nous parle des îles habitées par cette ethnie. II vante leur nombreuse population et leur prospérité. L’île actuelle de Ténériffe, aux riches plantations de palmiers dattiers, était appelée jadis ” Junonia “. Plus loin encore dans les siècles, Platon lui-même décrit les Guanches comme de grands hommes blonds, mais il leur prête aussi une maîtrise incomparable dans l’art de traiter les métaux et d’édifier les cités. Ce qui est incontestablement à l’opposé des possibilités guanches du XVème siècle, qui n’utilisaient plus qu’un outillage d’os, de pierre ou de bois, et aménageaient des grottes pour y habiter. En rapport encore avec d’anciennes relations entre les Guanches et des peuplades du Sahara, le colonel Braghine cite une trouvaille près de San Miguel, dans l’île de Ténériffe, d’une soixantaine de momies, environnées d’un grand nombre de poteries et de peaux de lion. Or, souligne cet auteur, ” ce qui a plongé les savants dans une grande perplexité, c’est que le lion n’a jamais existé sur ces îles ! “( L’énigme de l’Atlantide, 1952).

Le rapprochement linguistique du guanche et de l’arabe constituerait pour plusieurs auteurs une preuve de l’origine atlante de la population des Canaries. Les Touaregs avec qui ils auraient été en rapport, ancêtres eux-mêmes des Garamantes, seraient les descendants de ce ” peuple de la mer ” refoulé de la Vallée du Nil par les soldats du Pharaon Ramsès Il au XIIIe siècle avant notre ère.

Récemment enfin, des anthropologues ont fait observer une prédominance du groupe sanguin O parmi les Canariens de souche. Or, avec eux se signalent les Basques et .es Corses. Si il est à peine besoin de souligner combien le ” mystère ” basque n’a toujours pas été élucidé, on se souviendra que les Corses furent entraînés dans l’immense déferlement des envahisseurs venus du Nord.

 

•La statue du cavalier des Açores•

Parmi les preuves matérielles invoquées par les atlantophiles pour identifier les archipels de l’Atlantique comme les ruines émergentes du continent platonicien, il est de tradition de rappeler l’existence d’une ancienne statue qui se serait élevée à Corvo, l’île la plus septentrionale des Açores. Ce qui en faisait tout l’attrait, c’est qu’il s’agissait d’un cavalier pointant son index en direction de l’Ouest, comme s’il indiquait la direction de l’Amérique… ou de l’Atlantide.

On sait en quelle circonstance cette statue disparut, grâce à un passage de la Chronique du règne du roi du Portugal Don Joao, écrite en 1560 par Damiao de Goes :

 » L’île de Corvo est appelée par les marins l’île de l’Indicateur parce qu’elle leur sert à se diriger. En effet, au sommet de cette île, il existait une statue représentant un cavalier monté sur un cheval sans selle; il était tête nue, et ü portait sur ses épaules un manteau comme en portent les Maures. D’une main, il tenait la crinière de sa monture et de l’autre, il montrait la direction de l’Ouest. Quand le roi Don Manuel eut été prévenu de l’existence de cette statue, il chargea le peintre de la cour, Senhor Duarte D’Armas, de se rendre aux Açores pour en faire le tableau grandeur nature. Après qu’il eut reçu te tableau, le souverain chargea un homme de confiance de rapporter la statue à Lisbonne. Mais cet homme raconta que la foudre en tombant sur la statue, l’avait brisée; il ne pouvait donc en ramener que des fragments : la tête du cavalier, sa main droite, deux jambes et un morceau de hanche du cheval. Or, toute cette histoire n’était qu’un mensonge: la statue avait été brisée par la négligence des hommes chargés de la détacher de son piédestal. Quoiqu’il en soit, les morceaux furent remis au roi mais on ignore ce qu’il en advint.  »

Dans ce même temps, un autre chroniqueur portugais confirma les faits. II s’agissait de Jean de Barros, celui qu’on appela le Tite-Live portugais, auteur d’une ” Histoire portugaise des Indes occidentales ” (éditée à Lisbonne en 1778-1788).

Or, quelques observateurs actuels tentent de prendre en défaut la tradition. Suivant les arguments d’un journaliste portugais, Robert Charroux, dans son ouvrage ” Le Livre des Mondes oubliés “, doute qu’il ait pu exister une statue sur l’île de Corvo.

” Corvo, dit-il, n’est qu’un îlot. En cherchant bien dans la montagne, il a été possible de découvrir un rocher un peu plus tourmenté que les autres dans sa forme, mais n’ayant ni de près ni de loin l’apparence d’une statue, ni celle d’un cheval et encore moins d’un cavalier. (…) Un peu en contrebas, un autre rocher, ressemblant approximative ment à une borne, pourrait être la “marque” qui, selon la tradition, accompagne et précise 1a direction donnée parle chevalier. (…) Il nous a paru intéressant de faire un sort à cette légende, en laissant toutefois planer un doute favorable à !’assertion de Jean de Barros : s’il y a eu statue au XVIe siècle, de nos jours elle a disparu et rien ne permet de situer l’endroit où elle avait pu être érigée. “
Samsara

Lien intéressant

Site intéressant si vous savez lire l’espagnol !

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