les Crop circles, fractales naturelles ou base d’atterrissage extraterrestre ?

Ufologie

Un cercle de culture (traduction littérale de la locution anglaise « crop circle » et parfois désigné en français par les néologismes « agrogramme » ou « agroglyphe »), est un vaste motif ou ensemble de motifs géométriques réalisé dans un champ de céréales (généralement de blé) par flexion ou flétrissure des épis, visible depuis le ciel. Ces formes peuvent aller d’un simple cercle de quelques mètres de diamètre à des compositions de plusieurs hectares comportant de nombreuses figures disposées selon une composition géométrique.

Histoire

Les premières compositions géométriques de très grande taille observées sur des cultures datent de la généralisation de la prospection archéologique par photographie aérienne qui a révélé des sites antiques : plans de villas romaines, compositions monumentales préhistoriques ou celtes, implantations médiévales disparues. Les photos faisaient apparaître ces formes à cause de la différence de maturité ou de pigmentation des culture dues à des changements locaux de qualité ou d’humidité des sols provoqués par des restes de remblais ou de fouilles, des vestiges minéraux ou organiques.

Les premiers cercles de culture imprimés dans la végétation ont été observés à la fin des années 1960 dans des pays anglo-saxons: en Australie, au Canada et en Angleterre. Ils ont inspiré deux Anglais, Doug Bower et Dave Chorley, qui ont déclaré, en 1991, en avoir réalisé des centaines d’autres à partir de 1978 par plaisanterie.

Bien qu’une majorité de scientifiques et les sceptiques affirment que l’origine des agroglyphes apparus dans la campagne anglaise est maintenant connue, divers amateurs de phénomènes paranormaux continuent d’avancer des explications alternatives : phénomènes naturels inconnus, manifestations ufologiques ou manifestations d’énergie.

Étymologie

L’expression « cercle de culture » est une traduction directe du mot anglais crop circle (inventé par l’ingénieur britannique Colin Andrews à la fin des années 1970). On rencontre aussi mais moins souvent la traduction « cercle de récolte ». « Agroglyphe », quant à lui, est un néologisme savant issu de agro- et de glyphe (littéralement « représentation graphique dans l’agriculture »). L’étude de la formation de motifs géométriques dans les champs est la « céréologie » et les personnes étudiant ce sujet sont des « céréologues ».

Gravure du « diable faucheur »

Représentation symbolique d’un « diable faucheur » dans une gazette anglaise du XVIIe siècle.

Selon Peter Jan Margry et Herman Roodenburg, les folkloristes sont muets sur la formation de cercles de culture au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, ce qui indique qu’on a probablement affaire à un phénomène contemporain récent.

Des céréologues présentent comme étant l’ancêtre des cercles de culture la gravure d’un « diable faucheur » (Mowing-Devil), occupé à faucher une aire en forme d’anneau dans un champ d’avoine, figurant dans une gazette de 1678. Le texte d’accompagnement dit que le fermier, irrité par la rémunération excessive demandée par son faucheur pour accomplir son travail, jura qu’il préfèrerait que ce soit le diable lui-même qui s’en charge. Dans la nuit, le champ fut pris dans des flammes et le lendemain matin on retrouva l’avoine parfaitement fauchée. Cependant, dans la mesure où l’avoine est non pas couchée mais fauchée et que c’est la totalité du champ qui est concernée et non une zone de celui-ci, on ne saurait voir dans cette gravure un ancêtre du cercle de culture.

Apparitions

Le 19 janvier 1966, George Pedlez, propriétaire d’une plantation en Australie, près de la ville de Tully, prétend avoir été témoin du décollage d’un aéronef qui se serait posé dans un marécage. On découvre dans les roseaux ce qu’on qualifie à l’époque du nom de saucer’s nest (« nid de soucoupe »), un aplatissement des végétaux de manière circulaire. D’autres nids de soucoupe sont découverts par la suite dans le voisinage. On peut penser que cette histoire a inspiré certaines personnes, dont un certain Doug Bower, à faire des nids de soucoupe dans les champs. Une décennie plus tard, le même Doug Bower devait importer cette idée en Angleterre et, en compagnie de son compère Dave Chorley, multiplier les cercles dans des cultures, donnant ainsi naissance au mythe des crop circles (agroglyphes).

Au Canada, un fermier de Duhamel, Alberta, découvre des cercles de culture le 5 août 1967. Dans les semaines précédentes, plusieurs personnes avaient déclaré avoir vu des ovnis. Le rapport d’enquête conclut qu’il n’y avait pas de signe évident d’intervention humaine ni de trace d’activité chimique ni de radioactivité.

D’autres cercles apparaissent dans le sud de l’Angleterre, en Hampshire, Wiltshire et dans les contrées avoisinantes, à partir de 1978.

Au fil du temps, à mesure que le nombre des crop circles croît, les motifs deviennent de plus en plus complexes : alors que les premiers agroglyphes étaient de simples disques, certains de ceux apparus dans les années 1990 et 2000 sont de plus en plus élaborés et complexes. Les agroglyphes se répandent dans plusieurs régions du monde.

Origine des cercles de culture

L’explication rationnelle admise est que les agroglyphes sont des créations humaines, soit relevant du canular, soit similaires aux créations du Land art ou encore aux graffitis dans un milieu urbain.

Cas avérés de canulars

La création des agroglyphes réalisés à partir de 1978 a été revendiquée par deux fermiers anglais, Doug Bower et Dave Chorley, dans la région d’Avebury dans le district de Marlborough. Ils expliquèrent plus tard1 leur intention de faire une plaisanterie, inspirée par les « saucer’s nests » d’Australie en 1966.

Cercles de culture réalisés dans un but artistique

Il existe plusieurs groupes artistiques créant des agroglyphes et apportant la preuve qu’ils en sont bien les auteurs ainsi que des explications sur la manière dont sont fabriqués ces agroglyphes. C’est le cas notamment du Circlemakers arts collective, un collectif fondé par John Lundberg dans les années 1990 et qui, en mars 1998, réalisa, de nuit, en quatre heures de temps, un agroglyphe complexe dont le dessin intégrait des éléments renvoyant à des cercles de culture ayant marqué l’histoire de la spécialité. Filmée par NBC en Nouvelle-Zélande pour une émission intitulée « Unmasked: The Secrets of Deception » (« Démasqué : les secrets d’une supercherie »), l’opération fut vue au mois de mai par 25 millions de téléspectateurs aux États-Unis, avant d’être diffusée, dans les semaines suivantes, dans le reste du monde.

Évolution technique

La taille de plusieurs hectares, la complexité des formes, la précision d’exécution du dessin, l’absence de traces, et la nature des empreintes végétales présentées par les cercles de cultures actuels ne permettent plus d’admettre comme mode opératoire les procédés revendiqués par les groupes de farceurs ou d’artistes : planchette pour aplatir les épis (en anglais, stomper), bouts de cordes et tabouret de bar pour sauter d’une zone aplatie à l’autre. Selon le physicien américain Richard Taylor, la réalisation des cercles de culture observés ces dernières années nécessiterait l’usage du GPS, de lasers et de micro-ondes. La complexité des dessins donne à penser que les auteurs clandestins de ces cercles font appel désormais au système GPS pour couvrir une grande surface avec une précision absolue et, dans certains cas, aux micro-ondes produites par un magnétron (tube à vide dégageant une chaleur intense, utilisé dans l’électroménager) pour aplatir très rapidement une grande quantité de tiges.

Explications alternatives

Phénomène naturel (fractales)

Plusieurs théories ont été émises attribuant aux agroglyphes une origine naturelle : tourbillons de vent, foudre en boule, vortex de plasma, champs magnétiques, etc. Cependant ces hypothèses expliquent difficilement les agroglyphes complexes ayant des formes géométriques élaborées, circulaires ou elliptiques, parfois multiples et symétriques, ou des motifs radiaux ou angulaires, ou encore symétriques voire asymétriques.

Boule de lumière et origine extraterrestre

La théorie alternative avancée par des amateurs est que les cercles de céréales auraient été causés par des boules de lumière, naturelles ou extraterrestres. Parmi ces amateurs, le BLT Research Team, Inc., dont le nom est constitué des initiales de ses trois initiateurs : John Burke (homme d’affaires new yorkais), W. C. Levengood (biophysicien du Michigan) et Nancy Talbott (collaborant par ailleurs à l’université du Maryland et au Harvard College) a acquis une certaine notoriété dans le domaine. Les membres de ce groupe disent rechercher les causes, naturelles inconnues ou autres, à l’origine de ces phénomènes et disent avoir découvert des isotopes radioactifs rares dans les agroglyphes, ils auraient aussi trouvé des modifications structurelles profondes dans les nœuds des plantes tressées (et non simplement couchées) qu’ils pensent provenir soit d’un « vortex de plasma » (phénomène naturel), soit d’un flux délibéré de deutérons (phénomène provoqué par une volonté humaine ou extraterrestre). Selon eux, de telles boules de lumières émettraient des micro-ondes qui réaliseraient la forme dans les blés. L’origine de ces boules n’est pas précisément définie. Dans un article de 1999, Levengood et Talbott prétendent que les blés ont été irradiés. E. H. Haselhoff (2001) propose dans la foulée un modèle physique explicatif27. Leurs travaux, publiés dans deux revues à comité de lecture, le Journal of Scientific Exploration28 et Physiologia Plantarum, ont cependant été contestés, particulièrement sur le plan méthodologique, par le sceptique Joe Nickell dans son article Levengood’s Crop-Circle Plant Research sur le site du Committee for Skeptical Inquiry.

Thèse spiritualiste

Pour l’architecte français Umberto Molinaro34, les agroglyphes authentiques auraient des particularités, la conductivité des végétaux prélevés à l’intérieur des cercles différerait de celle des végétaux prélevés à l’extérieur des cercles35. Il considère que ce phénomène serait l’œuvre de « forces spirituelles [qui] agissent donc pour aider les humains à s’éveiller36. »

Selon Colin Andrews, auteur, en 1989, du best-seller international Circular evidence et inventeur de l’expression « crop circle », 80 % des cercles seraient des œuvres artistiques humaines et les 20 % restants auraient une autre origine. D’après lui, le phénomène « indique une période de chaos qui pourrait être empêchée par une évolution de la conscience humaine. »

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