Légendes urbaines japonaises

Légendes urbaines

Les légendes urbaines japonaises (都市伝説, toshi densetsu) sont des légendes contemporaines persistantes ayant comme thèmes soit des attaques de créatures paranormales sur des victimes (généralement) innocentes, soit des rumeurs n’ayant pas de lien avec le paranormal qui se sont répandues dans la culture populaire.

Les premières incluent rarement les fantastiques ou animistes yōkai provenant d’anciennes superstitions japonaises, mais sont basées principalement sur l’onryō (des fantômes japonais (yūrei) qui sont devenus des esprits vengeurs qui agressent toutes personnes croisant leurs chemins). Les légendes urbaines modernes japonaises ont tendance à prendre place dans des écoles et, de manière similaire aux légendes des yōkai, incorporent des morales dans leurs histoires, mettant en garde contre le harcèlement scolaire, ainsi que de rentrer seul chez soi le soir, ou encore de parler avec des inconnus.

La malédiction de la chambre rouge

L’histoire de la chambre rouge est une légende d’Internet concernant un pop-up qui apparaîtrait sur les ordinateurs des victimes. Une porte est affichée sur l’image, et une voix pré-enregistrée demande « Aimez-vous… ». Même si le pop-up est fermé, il se rouvrira jusqu’à que la voix termine sa question : « Aimez-vous la chambre rouge ? » Ceux qui ont vu le pop-up sont retrouvés morts, leur sang recouvrant leurs murs. La légende a commencé avec une animation flash d’un jeune garçon qui se retrouve maudit après être tombé sur le pop-up, mais a gagné en notoriété lorsqu’il a été découvert que l’écolière ayant commis un meurtre au couteau à Sasebo en 2004 avait la vidéo dans ses favoris.

La chaîne d’emails de Kata Lata Kulu est une légende urbaine similaire.

 

Aka Manto (Cape rouge)


La cape rouge est un esprit qui hanterait les toilettes, généralement la dernière cabine des toilettes des femmes. Certaines versions le décrive comme portant un masque couvrant son visage extrêmement beau, ce qui lui aurait causé des problèmes de harcèlement de son vivant. Lorsque la victime est aux toilettes, une voix mystérieuse lui demanderait si elle préfèrerait du papier rouge ou du papier bleu. Si elle répond qu’elle préfère le papier rouge, la cape rouge la tue d’une manière violente, laissant sa victime couverte de sang. Si elle répond qu’elle préfère le papier bleu, elle est étranglée ou saignée à mort, sa peau devenant bleue. Si la victime demande un papier d’une autre couleur, des mains apparaissent (parfois sortant des toilettes où la victime est assise), et traînent la victime en enfer. Dans d’autres versions, le fantôme demanderait simplement si la victime souhaite un manteau rouge avant de lui arracher la peau de son dos. Il peut aussi demander si la victime souhaite une cape rouge ou bleue. La seule bonne réponse qui épargnera sa victime est de refuser tout ce qu’il offre.

Le passager fantôme


Dans cette histoire, un chauffeur de taxi roule le long d’une route au beau milieu de la nuit. Quelqu’un sortirait alors soudainement des ténèbres en faisant signe au taxi. La personne s’installerait à l’arrière de la voiture et demanderait que le chauffeur l’emmène à un endroit dont il n’aurait jamais entendu parler. Le passager assurerait le chauffeur qu’il le guiderait. Il commencerait alors à fournir au chauffeur des directions de plus en plus compliquées qui l’emmènerait à travers des rues et des allées, à travers de nombreux villages et parfois même de la ville à la campagne. Après avoir parcouru une telle distance et ne semblant pas plus proche de sa destination, le chauffeur devient de plus en plus anxieux. Il se tourne vers la banquette arrière et demande au passager où est-ce qu’ils sont exactement, mais il est pris par surprise lorsqu’il découvre que son passager a disparu. Le chauffeur de taxi se retourne alors vers le volant, juste à temps pour voir le véhicule sortir de la route et plonger dans un ravin.

Kuchisake-onna (La femme à la bouche fendue)

Les enfants marchant seuls de nuit peuvent rencontrer une femme portant un masque chirurgical. Ceci n’est pas inhabituel au Japon, de nombreuses personnes portent ces masques pour protéger les autres de leurs maladies. La femme s’arrêterait devant l’enfant et lui demanderait : « Suis-je belle ? » Si l’enfant dit « non », elle le tue avec une paire de ciseaux qu’elle a toujours sur elle. Si l’enfant dit « oui », la femme enlève son masque, révélant sa bouche, fendue d’une oreille à l’autre. Elle demanderait alors, « Même comme cela ? » Quoi que l’enfant puisse répondre, elle le tuera : S’il dit non, elle le coupera en deux; s’il dit oui, elle lui fendra la bouche afin que l’enfant lui ressemble. Afin d’échapper à Kuchisake-onna, l’enfant doit répondre à sa seconde question en disant « Vous êtes ordinaire » ou « So-so », ce qui lui permettra de s’enfuir pendant qu’elle réfléchit. Il est possible, sinon, de lancer des fruits ou des bonbons à ses pieds, qu’elle ramassera, laissant une chance à sa victime de s’enfuir. Une autre option est de retourner sa question vers elle : elle sera perturbée, et partira. Sa victime peut aussi lui dire qu’elle doit aller voir son mari ou sa femme. Kuchisake-onna s’excusera alors, et partira.

L’homme au crochet et l’homme lapin sont des légendes urbaines similaires à celle de la femme à la bouche fendue.

Gozu (Tête de vache)

Gozu (tête de bœuf), aussi connu comme tête de vache, est une légende urbaine japonaise à propos d’une histoire fictive appelée « Tête de vache ». Cette histoire serait si horrifiante que les personnes l’entendant ou la lisant seraient pris d’une terreur si forte qu’elles trembleraient jusqu’à leur mort, quelques jours plus tard. Dans l’une des versions, un professeur raconte l’histoire à un groupe d’écoliers s’ennuyant, ce qui aurait rendu le groupe et le professeur catatoniques et amnésiques. Une autre version inclut le fait que personne ne peut redire l’histoire car les personnes l’ayant entendue meurent peu après.

L’histoire de Gozu serait une histoire non publiée de l’auteur de science-fiction Sakyo Komatsu, mais rien n’indique que cet auteur est lié à cette légende. Une légende ukrainienne appelée « la tête de la vache » existe, racontant l’histoire d’une femme qui aurait de la bonne fortune après avoir accueilli et nourri une tête de vache désincarnée l’ayant visitée une nuit15, ainsi qu’un film appelé Gozu sorti en 2003, réalisé par Takashi Miike. Malgré leurs noms similaires, aucun lien n’existe entre ces histoires et la légende japonaise.

 

Jinmenken (le chien à la tête d’homme)

Les jinmenken sont des chiens ayant des visages humains qui apparaîtraient la nuit dans les zones urbaines japonaises, courant très rapidement le long des autoroutes. Les jinmenken peuvent parler, mais certains affirment qu’ils sont désagréables ou demandent le plus souvent d’être laissés tranquilles. Contrairement à la plupart des légendes urbaines, le chien au visage d’homme n’a pas une réputation meurtrière. Les jinmenken seraient des rescapés d’expériences scientifiques, ou les esprits des victimes d’accidents de la route.

Certains spéculent que les témoins affirmant avoir vu des jinmenken ont en réalité croisé le chemin d’un macaque japonais, ce qui expliquerait les déplacements à quatre pattes, la fourrure similaire à celle d’un chien, le visage humain, et les bruits presque humains que les jinmenken produiraient.

Une légende urbaine similaire est celle du chien noir.

 

Kokkuri-san

Le kokkuri est une version japonaise d’un Ouija, devenue populaire pendant l’ère Meiji. Plutôt qu’utiliser une planche achetée en boutique avec des lettres et une goutte, les joueurs écrivent des caractères en hiragana et placent leurs doigts sur une pièce, avant de poser une question à Kokkuri-san. Ceci est un jeu populaire dans les lycées japonais. Et, comme pour un ouija occidental, des rumeurs et des légendes entourent le kokkuri.

Selon certaines, Kokkuri-san révéleraient seulement la date de la mort des joueurs, tandis que dans d’autres versions, les joueurs peuvent demander tout ce qu’ils veulent à Kokkuri-san, mais il faut alors qu’ils finissent le jeu correctement, soit en disant au revoir à Kokkuri-san avant de quitter la table, ou soit en se débarrassant des outils utilisés dans une certaine limite de temps, en dépensant la pièce ou en vidant le stylo utilisé pour écrire les hiragana. Si les joueurs ne font pas le nécessaire, ils peuvent être victime de malchance, ou même mourir.

 

Teke Teke


Le Teke Teke est le fantôme d’une jeune femme qui a été poussé sur des rails et a été coupé en deux par le train. Devenue un esprit vengeur, elle porte une faux et se traîne sur son torse par la force de ses mains ou de ses épaules, provoquant un son grinçant, ou « teke teke ». Si elle rencontre quelqu’un au milieu de la nuit, et que sa victime n’est pas assez rapide, elle les coupe en deux au niveau du torse, imitant son propre accident, et ces victimes deviennent parfois des Teke Tekes à leur tour. Certaines versions de cette légende parlent d’un jeune écolier rentrant chez lui en pleine nuit, et qui aperçoit une belle femme, ses coudes posés sur un rebord de fenêtre. Lorsqu’elle le remarque, elle saute de sa fenêtre, tombant sur le trottoir devant lui, révélant n’être qu’un torse. Elle coupe ensuite le garçon en deux.

Toire no Hanako-san (Hanako-san des toilettes)

Toire no Hanako-san est une célèbre légende associée avec les écoles élémentaires japonaises. La légende raconte l’histoire d’un fantôme omniprésent, dont l’identité serait celle d’une étudiante s’étant suicidée suite à du harcèlement scolaire. Toutefois, cette entité apparaît parfois sans aucune raison. Hanako-san est une légende populaire dans les écoles élémentaires japonaises, et elle hanterait la troisième cabine des toilettes des filles. Caractérisé par des yeux froids et brillants, l’esprit effraie toutes les personnes l’apercevant. N’étant pas connue pour être malveillante ou vicieuse, Hanako-san est une entité inquiétante, faisant seulement peur à ses victimes.

Bloody Mary est une légende urbaine similaire.

 

Kunekune


Kunekune est une légende urbaine moderne concernant une apparition distante visible dans les grandes étendues de rizières et de champs d’orge pendant les jours les plus chauds de l’été. Kunekune est décrit comme étant un objet blanc indiscernable, comme une grande bande de papier fin, ou comme un drap voletant au gré du vent, même lorsqu’il n’y a pas de vent. Selon la légende, quiconque essayant de s’en rapprocher devient fou, ou meurt en le touchant. Les premiers témoignages de personnes ayant vu Kunekune sont apparus en même temps sur plusieurs sites. Il est fort probable que le Kunekune soit basé sur des histoires de fantômes locales à propos d’épouvantails prenant vie pendant la nuit (ou lorsque quelqu’un les observent trop souvent). Les témoignages d’observations présumées de Kunekune semblent être des interprétations d’un épouvantail bougeant au gré du vent.

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