Ed Gein, le tueur en série qui a inspiré le film « massacre à la tronçonneuse » (arrêté en 1957)

LES TUEURS EN SÉRIE

BIOGRAPHIE

Son père, George Philip Gein (1873-1940) étant alcoolique, Ed Gein est élevé en compagnie de son frère ainé Henry (1901-1944), par sa mère, Augusta Wilhelmine (née Lehrke en 1878) une luthérienne très fanatique qui répétait que les femmes étaient toutes les « récipients du pêché » et des créatures immorales. Elle s’ingénie alors à décourager tout désir sexuel chez ses fils, de peur que ceux-ci aillent en enfer… Femme dure et dominatrice, Augusta ne trouve aucune difficulté à imposer ses croyances par la force, tant à ses fils qu’à son mari qui n’a pas son mot à dire dans l’éducation des garçons. En réalité, Augusta méprise profondément son époux, allant jusqu’à prier chaque jour pour que celui-ci meure et demandant même à ses fils de l’accompagner dans ses suppliques. George Gein se met à battre sa femme.

Mais Augusta méprise tout autant ses fils et les insulte souvent, persuadée qu’ils vont devenir des ratés, « comme leur père ». Durant leur adolescence et le début de l’âge adulte, Augusta prive Henry et Edward de tout contact avec les enfants de leur âge. Néanmoins, la seule femme à laquelle Ed Gein s’attache est… sa mère, le jeune garçon lui vouant même un véritable culte, tandis que Henry, qui ne partage pas cette adoration, mène une vie plus normale.

En 1906, l’année même de la naissance d’Edward, sa mère ouvre une épicerie à La Crosse, petite ville du Wisconsin à la frontière du Minnesota. Le commerce permet de faire vivre la famille confortablement. En 1914, les Gein s’installent dans une ferme de près de 80 hectares située à 9 km de Plainfield, petite bourgade d’environ 640 habitants, se trouvant au centre du Wisconsin à environ 150 km au nord-est de La Crosse.

Alors qu’il est âgé de 13 ans, Edward est retiré de l’école par sa mère qui prend prétexte d’avoir besoin de lui pour les travaux de la ferme. Élève moyen, il est cependant excellent en lecture. Néanmoins, on ne lui connait pas d’amis de son âge. D’un caractère timide et efféminé, il est victime des railleries de ses camarades de classe qui se moquent de lui.

Le 16 mai 1944, son frère Henry met le feu à un marais sur la propriété. L’incendie échappe à tout contrôle et les pompiers locaux sont appelés pour éteindre le sinistre et protéger la ferme familiale des flammes. En fin de journée, le feu est maîtrisé, les hommes sont retournés chez eux avant que l’on s’aperçoive qu’Henry n’est pas revenu avec les autres. Un groupe part à sa recherche, avec des lanternes et lampes de poche. Après plusieurs heures, on retrouve le cadavre d’Henry Gein couché face contre terre sur la zone brûlée. Apparemment, le décès de l’homme remonte à un certain temps, et la mort serait due à une crise cardiaque, car son corps ne porte pas de trace de brûlure. Il a été rapporté plus tard, et peut-être embelli dans la biographie d’Ed Gein, Déviants par Harold Schechter, que Henry présentait des ecchymoses sur la tête. La police rejette la possibilité d’un acte criminel par asphyxie, bien que le médecin légiste du comté l’ait officiellement répertorié comme étant une cause de la mort. Bien que certains enquêteurs soupçonnent Ed Gein d’avoir tué son frère, aucune accusation n’est portée contre lui.

Un an et demi plus tard, le 29 décembre 1945, alors qu’il a 39 ans, le décès de sa mère constitue pour lui une catastrophe. Livré à lui-même pour la première fois de sa vie, il refuse cette mort et tente tout pour la faire revivre, en commençant par des incantations devant sa tombe. Il se met alors à déterrer des cadavres et découpe leurs peaux pour se faire un « habit humain » de femme riche.

Le 16 novembre 1957, Bernice Worden, une femme de 58 ans, propriétaire d’un magasin à Plainfield, disparaît dans les mêmes circonstances que Mary Hogan, la tenancière d’une taverne de Pine Grove dans le comté voisin, près de trois ans auparavant. Un témoin ayant aperçu Ed Gein rôder autour du magasin de la victime à l’heure de sa disparition, les policiers se rendent à la ferme de ce dernier. Ils y découvrent une vision d’horreur : ainsi on trouva des abat-jours, rideaux, gants, draps, etc. en peau humaine, ainsi que des cadavres et certains morceaux humains dans des bocaux notamment. Le corps de Bernice Worden, pendu par les pieds à la poutre, a été décapité, éventré et vidé de ses entrailles. On retrouve également la tête de Mary Hogan dans un sac en papier.

Arrêté le jour même, celui que l’on surnomme désormais « le boucher de Plainfield », est accusé d’avoir assassiné deux femmes, et mutilé plusieurs cadavres qu’il a déterrés. En fait, il a beaucoup plus de victimes à son actif car on retrouve chez lui les visages et ossements provenant de quinze corps attribués aux violations de sépultures dont il avoue s’être rendu coupable. Mais son procès est limité par souci d’économie, le Comté de Waushara dont dépend Plainfield n’étant pas très riche et ne pouvant s’offrir un procès à plusieurs millions de dollars. Même s’il est dit tueur en série nécrophile, il n’a officiellement tué « que » deux femmes, comme il l’a avoué, prétendant pour les treize autres femmes qu’ils proviennent de vol de cadavres. Le district attorney refuse cependant d’ouvrir les tombes pour ne pas traumatiser les familles.

Le 22 novembre 1957, s’ouvre son procès. Plaidant la folie, le district attorney accepte l’ouverture de deux tombes qui s’avèrent vides. Il est déclaré aliéné au moment du crime mais les experts psychiatres, pour calmer les esprits, estiment qu’un procès est envisageable dans quelques années,selon son évolution psychiatrique.

Dix ans plus tard, en novembre 1968, la justice décide finalement que Gein est sain d’esprit et peut être jugé. Les preuves étant nombreuses, il ne faut qu’une semaine pour boucler le procès et obtenir un verdict. Gein est déclaré coupable de meurtre avec préméditation. Lors d’un troisième procès, il est déclaré non coupable car mentalement irresponsable, et finalement acquitté.

Il est interné dans un hôpital psychiatrique pour les fous criminels, l’hôpital central d’état situé au sein de la prison de Dodge à Waupun dans le Wisconsin, où il sera diagnostiqué schizophrène. En 1978, Gein est transféré au service de gériatrie de l’Institut de santé mentale Mendota de Madison, la capitale de l’État. Il y meurt en 1984 d’une insuffisance respiratoire à l’âge de 77 ans.

Son histoire inspira certains éléments de quelques films :

-Psychose d’Alfred Hitchcock en 1960 d’après le roman de Robert Bloch.
– Massacre à la tronçonneuse en 1974 de Tobe Hooper
– Maniac réalisé par William Lustig en 1980 s’inspirant librement de l’histoire d’Ed Gein
– Le Silence des agneaux de Jonathan Demme en 1991 inspiré du roman éponyme de Thomas Harris
– Deranged, réalisé par Jeff Gillen et Alan Ormsby en 1974.
– Ed Gein, le boucher, réalisé par Chuck Parello en 2000.
– Ed Gein est un des amis de Pogo dans le court métrage québécois Pogo et ses amis réalisé par François Guay en 2008. C’est un film de fiction animé sur le tueur en série John Wayne Gacy.
– Dans American Psycho (2000), le tueur (Patrick Bateman) parle de son adoration pour Ed Gein. Il est également psychopathe, ne pouvant s’empêcher de tuer femmes, sans-abris et homosexuels.
– Psychose, la reprise du film éponyme d’Hitchcock, par Gus Van Sant.
– Dragon Rouge, premier épisode de la trilogie Hannibal Lecter, par Brett Ratner.
– Maniac réalisé par Franck Khalfoun en 2012, remake du film éponyme de 1980.

Source : wikipédia

Attention les photos qui vont suivre peuvent troubler la sensibilité de certaines personnes

ARTICLE ANNEXE

Massacre à la tronçonneuse par Tobe Hooper (1982)

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