Civilisations de l’Indus : Harappa et Mohenjo Daro

Para Archeologos

La civilisation de la vallée de l’Indus (v. 5000 av. J.-C. – 1900 av. J.-C.), dite aussi civilisation harappéenne, est une civilisation de l’Antiquité dont l’aire géographique s’étendait principalement dans la vallée du fleuve Indus dans le sous-continent indien (autour du Pakistan moderne). Bien que probable, l’influence qu’elle a pu avoir sur la culture hindoue contemporaine n’est pas clairement établie.

Oubliée par l’Histoire jusqu’à sa redécouverte dans les années 1920, la civilisation de l’Indus se range parmi ses contemporaines, la Mésopotamie et l’Égypte ancienne, comme l’une des toutes premières civilisations, celles-ci étant définies par l’apparition de villes, de l’agriculture, de l’écriture, etc.

Si la civilisation de l’Indus n’est pas la première civilisation antique, la Mésopotamie et l’Égypte ayant développé des villes peu avant, elle est cependant celle qui connaît la plus grande extension géographique. À ce jour, sur les 1 052 sites qui ont été découverts, plus de 140 se trouvent sur les rives du cours d’eau saisonnier Ghaggar-Hakra. D’après certaines hypothèses, ce système hydrographique, autrefois permanent, arrosait la principale zone de production agricole de la civilisation de l’Indus.

La plupart des autres sites se situent le long de la vallée de l’Indus et de ses affluents mais on en trouve aussi à l’ouest jusqu’à la frontière de l’Iran, à l’est jusqu’à Delhi, au sud jusque dans le Maharashtra et au nord jusqu’à l’Himalaya. Parmi ces sites, on compte de nombreuses villes comme Dholavira, Ganweriwala, Mehrgarh, Harappa, Lothal, Mohenjo-daro et Rakhigarhi. À son apogée, sa population pourrait avoir dépassé cinq millions de personnes.

Malgré toutes ces réalisations, cette civilisation est très mal connue. Son existence même a été oubliée jusqu’au XXe siècle. Son écriture reste indéchiffrée et on ne sait pas si elle a un lien quelconque avec l’écriture brahmi, ce qui semble peu probable au regard des connaissances actuelles. Parmi les mystères que cette civilisation recèle, trois questions au moins sont fondamentales :

– formait-elle un État, ou une cité-état un système de pouvoir ?
– quels étaient ses moyens de subsistance ?
– quelles sont les causes de sa disparition soudaine et dramatique, à partir du XVIIIe siècle av. J.-C. ?

La langue utilisée par ses membres et le nom qu’ils se donnaient restent à ce jour indéchiffrés.

Aire de la civilisation de la vallée de l’Indus.

Historique

Les prédécesseurs

La civilisation de l’Indus a été précédée par les premières cultures agricoles de l’Asie du Sud qui sont apparues dans les collines du Balouchistan, à l’ouest de la vallée de l’Indus. Le site le mieux connu de cette culture est Mehrgarh, datant des années 6500 av. J.-C.. Ces premiers fermiers maîtrisèrent le blé et domestiquèrent une grande variété d’animaux, en particulier ceux constituant le bétail. La poterie y était utilisée vers 5500 av. J.-C. La civilisation de l’Indus s’est développée à partir de cette base technologique, en se répandant dans la plaine alluviale de ce que sont, de nos jours, les provinces actuelles pakistanaises du Sind et du Pendjab.

Autour de 4000 av. J.-C., une culture régionale originale, appelée pré-harappéenne, apparaît dans cette aire (elle porte ce nom car les sites de cette culture sont retrouvés dans les premières strates des villes de la civilisation de l’Indus). Des réseaux commerciaux la relient avec des cultures régionales parentes et avec des sources de matières premières, telles que le lapis-lazuli et autres pierres fines utilisées dans la fabrication de perles à collier. Les villageois ont domestiqué à cette époque un grand nombre d’espèces tant végétales dont les petits pois, les pois chiches, les grains de sésame, les dattes et le coton, qu’animales telles que le buffle, un animal qui reste essentiel à la production agricole dans toute l’Asie actuelle. Le cheval ne semble pas être domestiqué.

Émergence de la civilisation

Autour de 2600 av. J.-C., quelques sites pré-harappéens se développent en cités, abritant des milliers d’habitants, essentiellement des agriculteurs. Par suite, une culture unifiée apparaît dans toute la zone, aplanissant les différences régionales de sites éloignés de plus de mille kilomètres. Cette émergence est si soudaine que certains chercheurs pensent qu’elle résultait d’une conquête extérieure ou d’une migration mais ils sont minoritaires. Depuis, les archéologues sont convaincus d’avoir fait la preuve qu’elle est issue de la culture pré-harappéenne qui l’a précédée. En fait, il semble que cette soudaineté soit le résultat d’un effort délibéré, planifié. Par exemple, quelques sites paraissent avoir été réorganisés pour se conformer à une planification réfléchie. C’est la raison pour laquelle la civilisation de l’Indus est considérée comme la première à avoir développé une planification urbaine ; sachant qu’une planification à grande échelle implique unité politique.

Déclin et effondrement

Durant 700 ans, la civilisation de l’Indus fut prospère et ses artisans produisirent des biens d’une qualité recherchée par ses voisins. Puis aussi soudainement qu’elle était apparue, elle entra en déclin et disparut.

Vers 1900 av. J.-C., des signes montrent que des problèmes apparaissent. Les gens commencent à quitter les cités. Ceux qui s’y maintiennent semblent avoir des difficultés à se nourrir. Autour de 1800 av. J.-C., la plupart des cités ont été abandonnées. L’âge d’or du commerce interiranien, marqué par la présence de nombreux « trésors » et riches métropoles (coupe sur pied et bol tronconique), semble prendre fin vers 1800 av. J.-C. à 1700 av. J.-C., au moment même où les textes mésopotamiens cessent de parler du commerce oriental. Les grandes agglomérations du Turkménistan oriental (Altyn-depe et Namazga-depe) sont abandonnées et les grandes métropoles de la vallée de l’Indus disparaissent. Dans l’aire correspondant à la civilisation de l’Indus, le processus de régionalisation s’accentue avec la disparition des éléments les plus caractéristiques de l’unité harappéenne : l’écriture, les sceaux ou les poids. De nombreux éléments survivent pourtant au long du IIe millénaire av. J.-C. dans les régions orientales et méridionales de la zone.

Dans les siècles suivants et contrairement à ses contemporaines, la Mésopotamie et l’Égypte ancienne, la civilisation de l’Indus disparaît de la mémoire de l’humanité. Contrairement aux anciens Égyptiens et Mésopotamiens, les Indusiens n’ont pas construit d’imposants monuments de pierre dont les vestiges perpétuent le souvenir.

En fait, le peuple indusien n’a pas disparu. Au lendemain de l’effondrement de la civilisation de l’Indus, des cultures régionales émergent qui montrent que son influence se prolonge, à des degrés divers. Il y a aussi probablement eu une migration d’une partie de sa population vers l’est, à destination de la plaine gangétique. Ce qui a disparu, ce n’est pas un peuple mais une civilisation : ses villes, son système d’écriture, son réseau commercial et – finalement – la culture qui en était son fondement intellectuel. Dans cette perspective, les Vellalars, caste d’élite du Tamil Nadu, revendiquent être les descendants de l’aristocratie des cités-états indusiennes.

Causes de l’effondrement

Une des causes de cet effondrement peut avoir été un changement climatique majeur. Au XXVIe siècle av. J.-C., la vallée de l’Indus était verdoyante, sylvestre et grouillante de vie sauvage, beaucoup plus humide aussi. Les crues étaient un problème récurrent et semblent, à plus d’une occasion, avoir submergé certains sites. Les habitants de l’Indus complétaient certainement leur régime alimentaire en chassant, ce qui semble presque inconcevable aujourd’hui quand on considère l’environnement desséché et dénudé de la zone. Autour de 1800 av. J.-C., le climat s’est modifié, devenant notablement plus frais et plus sec. Mais cela ne suffit pas pour expliquer l’effondrement de la civilisation de l’Indus.

Le facteur majeur pourrait être la disparition de portions importantes du réseau hydrographique Ghaggar-Hakra, identifié par certaines théories au fleuve Sarasvatî. Une catastrophe tectonique pourrait avoir détourné les eaux de ce système en direction du réseau gangétique. En fait, ce fleuve, jusqu’alors mythique, fait irruption dans la réalité lorsqu’à la fin du XXe siècle, les images satellitaires permettent d’en reconstituer le cours dans la vallée de l’Indus. De plus, la région est connue pour son activité tectonique et des indices laissent à penser que des événements sismiques majeurs ont accompagné l’effondrement de cette civilisation. Évidemment, si cette hypothèse était confirmée et que le réseau hydrographique de la Sarasvatî s’est trouvé asséché au moment où la civilisation de l’Indus était à son apogée, les effets ont dû être dévastateurs. Des mouvements de population importants ont dû avoir lieu et la « masse critique » indispensable au maintien de cette civilisation a pu disparaître dans un temps assez court, causant son effondrement.

Une autre cause possible de l’effondrement de cette civilisation peut avoir été l’irruption de peuples guerriers Aryens au Nord-Ouest de l’actuelle Inde et qui auraient provoqué la rupture des relations commerciales avec les autres pays (les actuels Ouzbékistan et Turkménistan méridionaux, la Perse, la Mésopotamie). Or le commerce est l’une des raisons d’être des villes : elles se développent surtout autour des ports ou des nœuds routiers. Ces peuples plus armés que le proche et Moyen-Orient comme le montre l’archéologie se trouvaient en Bactriane aux alentours de l’an 2000 av. J.-C. Ce sont eux qui, selon certaines hypothèses qui ne font pas consensus malgré le faisceau d’indices, auraient apporté le sanskrit en Inde. Ils auraient donc indirectement provoqué la désorganisation des cités de l’Indus avant de s’installer en Inde vers 1700 av. J.-C. apportant probablement avec les védas.

Au XIXe siècle, les ingénieurs britanniques découvrent des ruines qui ne stimulent pas leur curiosité mais qui sont des sources abondantes de briques, un matériau commode pour la construction des chemins de fer. Leur exploitation a détruit un certain nombre de sites archéologiques.

Mohenjo-daro

Mohenjo-daro — littéralement le Mont des morts, un nom qu’il partage avec Lothal — est un site important de la civilisation de la vallée de l’Indus, on y trouve les vestiges d’une des plus grandes cités de l’âge du bronze indien. Il est situé au Pakistan à 300 km au nord-nord-est de Karâchi.

Ayant subi peu de dégradations modernes, son état de conservation est meilleur que celui d’Harappâ, et par suite, c’est une importante source d’informations sur la civilisation à laquelle la ville appartenait. Elle a été construite durant le IIIe millénaire av. J.-C. et a été abandonnée à la fin du XVIIIe siècle av. J.-C., vraisemblablement en raison d’un changement du cours du fleuve Indus.

Découverte d’une civilisation inconnue

Le site est redécouvert dans les années 1920. Entre 1922 et 1927, des fouilles à grande échelle y sont entamées par Rakhal Dâs Banerjî puis continuées par Madho Sarup Vats et Kashinath Narayan Dikshit sous la direction de John Marshall. Ernest MacKay y effectue d’autres fouilles de 1927 à 1931. Mortimer Wheeler complète ces travaux en 1950 par des excavations de moindre envergure.

Les travaux effectués sur le site ont permis de dégager une centaine d’hectares des ruines de la ville, dix fois plus que ce qui avait été révélé dans les années 1920, mais probablement seulement un tiers de la surface totale à étudier. Avec Mohenjo-daro c’était la première fois que l’on mettait au jour des vestiges de la civilisation de la vallée de l’Indus dont on ignorait jusqu’alors l’existence.

Mohenjo-daro ne s’est pas bâtie au hasard des constructions ajoutées au cours du temps, mais comme les autres villes de la civilisation de l’Indus, Harappâ, Kâlîbangan ou Lothal, elle révèle une urbanisation réfléchie et planifiée dans le tracé des rues, formant une grille dont au moins un boulevard large de 10 mètres partageait la ville basse en deux. En effet, il existe, comme dans les autres sites de l’Indus, une division de la ville en deux parties que l’on nomme traditionnellement la citadelle ou ville haute et la ville basse. Les constructions sont faites de bois durci au feu, de briques séchées au soleil, communes en Mésopotamie ou cuites au four, une caractéristique de l’Indus qui assurait une plus grande longévité aux bâtiments. Ces dernières suivaient les normes de dimensions standardisées de la civilisation de l’Indus, la largeur du double de la hauteur, la longueur du double de la largeur (à comparer à la norme NF actuelle : longueur 240 mm × largeur 115 mm × hauteur 52 mm).

La société

D’après les objets manufacturés et d’autres indices découverts sur le site, les archéologues se font une idée acceptable de cette civilisation, dont l’écriture n’a toujours pas été déchiffrée à ce jour. En étudiant les plans et les constructions de Mohenjo-Daro et Harappâ, on peut déduire que ces deux cités faisaient partie d’une aire culturelle identique, et partageaient peut-être une communauté de gouvernement, en tant que capitales régionales. Les deux villes ont été construites avec des briques standardisées, de forme et de dimensions. À l’inverse d’autres civilisations, les inhumations se révèlent assez simples, sans objets funéraires remarquables par leur richesse. On en déduit que cette société ignorait la division en classes sociales. Aucune structure identifiable comme palais ou temple n’a été retrouvée dans les villes de l’Indus en général et à Mohenjo-Daro en particulier. Ce peuple agricole probablement paisible n’a laissé aucune trace d’activité militaire incontestable, même si l’emploi de couteaux, de lances et de pointes de flèche de cuivre et de bronze est avéré. Les villes comportaient cependant des fortifications.

La ville a été successivement détruite et reconstruite au moins sept fois. Les crues de l’Indus sont la cause la plus vraisemblable des destructions. À chaque fois, la nouvelle ville a été édifiée au-dessus de l’ancienne.

Harappa


Harappa (Urdu: ہڑپہ, Hindi: हड़प्पा) est un site archéologique situé dans la province du Pendjab, au Pakistan, à environ 20 km à l’ouest de Sahiwal.

Le site doit son nom à la ville située à 5 km. Installée à proximité de l’ancien cours de la rivière Ravi et station de chemin de fer sur la ligne héritée de la période du Raj britannique, la ville actuelle a une population de 15 000 habitants.

Le site couvre les ruines d’une ville fortifiée de l’âge du bronze importante, faisant partie de la culture du cimetière H (en) de la civilisation de la vallée de l’Indus.

La cité aurait compté jusqu’à 40 000 habitants et occupé une surface de 100 ha à son apogée (vers 2600–1900 av. J.-C.), ce qui en aurait fait une des plus grandes de l’époque.

Par convention archéologique qui consiste à donner à une civilisation inconnue le nom du premier site de fouilles, la civilisation de la vallée de l’Indus est aussi appelée civilisation harappéenne.

Histoire de la découverte

Le site de la ville antique d’Harappa a été endommagé en 1857, sous la domination britannique, les briques de ses ruines étant utilisées comme ballast lors de la construction de la ligne de chemin de fer Lahore – Multan, par la compagnie Sind and Punjab Railway. Un nombre important d’artéfacts y ont néanmoins déjà été trouvé.

Alexander Cunningham y fait brièvement des fouilles en 1872-1873. Il publie la première reproduction d’un sceau en 1875 dans Report for the Year 1872-3 of the Archaeological Survey of India.

Les premières fouilles importantes sont réalisées par Rai Bahadur Daya Ram Sahni en 1920. Son travail permet de faire découvrir l’existence de la civilisation de l’Indus.

Une dizaine d’années plus tard, Madho Sarup Vats, membre du Archaeological Survey of India, reprend les fouilles, en particulier dans la zone des greniers, dont il publie les résultats en 1940. D’autres archéologues continuent les fouilles dans les années 1930. En 1946, Sir Mortimer Wheeler fouille les murs des pseudos fortifications.

Après l’indépendance, en 1966, Mohammed Rafique Mughal, commandité par le Archaeological Survey of India, fouille également Harappa10. En 1986, de premières fouilles multidisciplinaires sont lancées par le projet archéologique Harappa (HARP), sous la direction de George F. Dales et Jonathan Mark Kenoyer.

La plus grande partie du site n’a toutefois toujours pas fait l’objet de fouilles.

En 2005, la construction d’un parc d’attractions a été abandonnée lorsque les ouvriers ont découvert de nombreux artéfacts dès les premières étapes des travaux. Un plaidoyer de l’archéologue pakistanais Ahmad Hasan Dani au ministère de la Culture a entraîné une remise en état du site.

Écriture primitive

De nombreux artefacts découverts sont des petits sceaux carrés en stéatite, gravés de motifs humains ou animaux

Beaucoup portent des inscriptions pictographiques généralement considérées comme une forme d’écriture.

Des tablettes d’argile et de pierre trouvées à Harappa, portent des marques en forme de trident ou de plantes. Richard Meadow, de l’Université Harvard et directeur du Harappa Archeological Research Project , suggère qu’il s’agit de premières traces d’écriture, probablement la plus ancienne écriture dont on ait retrouvé la trace.

Cette écriture primitive serait antérieure aux écrits primitifs des Sumériens de Mésopotamie, datant de vers 3100 av. J.-C. Ces marques présentent des similitudes à ce qui allait devenir l’écriture de l’Indus. Cette découverte indique que les plus anciennes écritures se sont développées indépendamment dans trois lieux : Harappa, la Mésopotamie et l’Égypte antique entre 3500 et 3100 av. J.-C.

En dépit des efforts des philologues et de l’utilisation d’analyses cryptographiques, les signes ne sont pas déchiffrés. La langue utilisée n’est pas identifiée, qu’elle fasse partie des langues dravidiennes ou des langues de la période védique.

Sceaux harappéens

Les greniers de Harappâ

L’agriculture est l’une des principales activités des peuples de l’Indus et l’une de leurs principales sources de richesse :

« Aussi importait-il que les produits agricoles de base – à savoir les céréales, orge et blé principalement- puissent être stockés dans des entrepôts (…) à l’abri des voleurs, des rongeurs et aussi des inondations fréquentes dans ces régions de plaine. L’entrepôt d’Harappä était tout près de la Ravi et il est fort probable que cette rivière ait servi de voie d’eau pour le transport des céréales. L’entrepôt comptait 12 greniers (…) construits en bois et reposant sur des blocs massifs en brique crue, à parement de brique cuite. À la base de chacun de ces blocs, un renfoncement était aménagé, où les charrettes s’arrêtaient pour décharger. À l’aide de cordes, les hommes hissaient les gerbes jusqu’au grenier de bois. Outre l’aération par les passages entre les greniers, il y avait aussi des conduits d’aération passant sous les greniers et débouchant à l’extérieur par des ouvertures triangulaires. Entre ces greniers et la citadelle d’Harappâ s’alignaient les rangées de maisons en torchis des paysans et des ouvriers, près desquelles s’étendaient les aires de broyage des grains. Lors des inondations, ces maisonnettes devaient être balayées par les flots alors que les greniers et leur réserve de grain étaient préservés et continuaient d’assurer normalement l’approvisionnement des habitants de la cité »

Les sépultures

À l’ouest se dressait une terrasse artificielle bordée de murs de 14 m de largeur à la base, appelée la citadelle. Au sud de la citadelle, un cimetière a été découvert. Les corps sont inhumés allongés dans des jarres, les genoux repliés. Deux strates ont été identifiées, la plus récente est à approximativement 80 cm de la surface tandis que la plus ancienne, qui compte une douzaine de tombes, est à 1,8 m de profondeur. Les corps de la première strate sont enterrés suivant un axe nord sud avec des ornements comme des bracelets de pied en stéatite, des bagues, boucles de nez ou d’oreilles en cuivre, des colliers en nacre, plus rarement avec des artéfacts comme des miroirs en cuivre, des bâtons d’antimoine, de larges cuillères en coquillage, des petites statuettes de femmes, de bovins ou d’êtres mi-homme mi-animal. Les corps des tombes de la strate ancienne ne sont pas ornés et sont enterrés en direction du nord et du nord-est. Si plusieurs corps des tombes de cette strate sont considérés comme incomplets, dans la plus récente, seuls ceux de nourrissons le sont. Les poteries rouges peintes de motifs en noir sont très typiques.

Ces méthodes d’ensevelissement sont typiques de la région. Cette culture fait partie des civilisations de l’Indus, qui a laissé principalement des traces dans le Sind et au Pendjab.

À proximité se trouvent également des tombes beaucoup plus récentes, prouvant que des habitants musulmans vivaient à proximité du site.

Héritage

Les relations entre la civilisation de l’Indus et la première culture du sanskrit, qui a produit les textes védiques de l’hindouisme, ne sont pas claires. Les plus anciens textes védiques mentionnent un fleuve non identifié nommé Sarasvatî et décrivent un monde proche de l’utopie qui vivait sur ses rives. Les textes plus tardifs font quant à eux référence à sa disparition.

Cependant, comme l’ont noté de nombreux archéologues, il y a quelque chose d’ineffablement « indien » dans la civilisation de l’Indus. Si l’on se base sur la grande quantité de figurines représentant la fertilité féminine qu’ils nous ont léguée, il semble que les peuples de cette civilisation aient vénéré une forme de déesse-mère qui existe dans l’hindouisme contemporain (Shakti, Kâlî, etc.). Leurs sceaux dépeignent les animaux d’une manière qui suggère la vénération, présageant le futur caractère sacré que les hindous attribuent à la vache et à d’autres animaux comme le singe par exemple. Comme les hindous d’aujourd’hui, ils semblent avoir accordé une grande place aux ablutions et une importance notable à la propreté corporelle.

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