Catacombes, Nicolas Flamel et la pierre philosophale

Cinéma

LE FILM

Synopsis

Scarlet Marlow est une étudiante en archéologie urbaine. Elle maîtrise quatre langues vivantes et deux langues mortes, mais ne maîtrise cependant pas l’araméen, la langue dans laquelle est écrit un texte permettant de trouver la pierre philosophale, une pierre pouvant offrir l’immortalité, et va donc faire appel a son ami George. Après avoir découvert un texte sur la stèle de Nicolas Flamel dans un musée, ils découvrent que sous sa tombe se trouve la pierre philosophale. Mais, ils découvrent que la pierre alchimique se trouve sur la carte des catacombes de Paris. Pour cela, ils ont besoin d’aller dans les catacombes sous Paris, et demandent alors l’aide de Papillon, connaisseur des catacombes, et vont prendre un chemin dont certains d’entre eux ne sortiront jamais…

L’hexagramme combine les deux triangles syndiqués avec l’étoile de David et le sceau de Salomon (qui l’utilisait comme un sceau magique pour les créatures surnaturelles témoins). Quand on parle de magie, les occultistes croient qu’un triangle unique peut être utilisé comme méthode pour convaincre les esprits. Ils resteront à l’intérieur d’un cercle alors qu’un esprit est conjuré dans un triangle pendant les rituels pour permettre aux démons de traverser les enfers et d’apparaître dans le triangle. Ici, vous pouvez voir une disposition rituelle magique qui montre la plupart de ce dont nous avons déjà appris avec le serpent qui mange sa queue, les pentagrammes, le Sceau de Salomon, le triangle pour l’esprit à convoyer, etc. En effet, les deux triangles sont supposés désigner l’un la Matière qui monte vers l’Esprit, l’autre l’Esprit qui descend vers la Matière, donc les deux substances de l’Univers (Esprit et Matière) se complétant grâce à deux forces (l’une qui fait descendre, l’autre qui fait monter).

Le grand symbole de Salomon « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

NICOLAS FLAMEL

Nicolas Flamel (vers 1330 ou 1340, peut-être à Pontoise – 22 mars 1418 à Paris), est un bourgeois parisien du XIVe siècle, écrivain public, copiste et libraire-juré.

Sa carrière prospère, son mariage avec une veuve ayant du bien, et ses spéculations immobilières lui assurèrent une fortune confortable, qu’il consacra, à la fin de sa vie, à des fondations et constructions pieuses. Cette fortune, que la rumeur amplifia, est à l’origine du mythe qui fit de lui un alchimiste ayant réussi dans la quête de la Pierre philosophale permettant de transmuter les métaux en or. À cause de cette réputation, plusieurs traités alchimiques lui furent attribués, de la fin du XVe siècle au XVIIe siècle, le plus célèbre étant Le Livre des figures hiéroglyphiques paru en 1612. Ainsi, « le plus populaire des alchimistes français ne fit jamais d’alchimie »

Il mourut le 22 mars 1418, et fut enterré à l’église Saint-Jacques-la-Boucherie où sa pierre tombale fut installée sur un pilier au-dessous d’une image de la Vierge. L’église fut détruite à la fin de la période révolutionnaire, vers 1797. La pierre tombale fut cependant conservée, et rachetée par un antiquaire à une marchande de fruits et légumes de la rue Saint-Jacques la Boucherie, qui l’utilisait comme étal pour ses épinards. Rachetée en 1839 par l’hôtel de ville de Paris, elle se trouve actuellement au musée de Cluny : « Feu Nicolas Flamel, jadis écrivain, a laissé par son testament à l’œuvre de cette église certaines rentes et maisons, qu’il avait fait acquises et achetées à son vivant, pour faire certain service divin et distributions d’argent chaque an par aumônes touchant les Quinze Vingt, l’Hôtel Dieu et autres églises et hôpitaux de Paris. Soit prié ici pour les trépassés . » Ses ossements, ainsi que ceux de son épouse Pernelle inhumée avec lui, sont alors transférés aux catacombes de Paris.

Le nombre et le caractère ostentatoire de ses fondations pieuses, en fait relativement modestes, et l’accumulation dans son testament (conservé aujourd’hui à la Bibliothèque nationale) de legs de montants peu importants ont probablement contribué à amplifier l’importance de sa fortune dans la mémoire de l’époque. Peu après sa mort, Guillebert de Mets dans sa Description de la ville de Paris (1434) parle de Flamel comme l’« escripvain qui faisoit tant d’aumosnes et d’hospitalitez et fit plusieurs maisons ou gens de mestiers demouroient en bas et du loyer qu’ils paioent, estoient soutenus povres laboureurs en haut ». Et dès 1463, lors d’un procès concernant sa succession, un témoin disait déjà que « [Flamel] estoit en renom d’estre plus riche de moitié qu’il n’estoit ». C’est dans ce contexte qu’apparut la rumeur qu’il avait dû sa richesse à la découverte de la Pierre Philosophale des alchimistes, capable de transformer les métaux en or.

Pierre tombale de Nicolas Flamel, 1418, Paris, Musée de Cluny.

ENTRE LE FILM ET LA LÉGENDE

« Une croix où un serpent était crucifié.

« Des déserts, au milieu desquels coulaient plusieurs belles fontaines, dont sortaient plusieurs serpents, qui couraient par-ci, et par là. »

« Un jeune homme avec des ailes aux talons, ayant une verge caducée en main, entortillée de deux serpents, de laquelle il frappait une salade qui lui couvrait la tête, […], contre icelui venait courant et volant à ailes ouvertes, un grand vieillard, lequel sur sa tête avait une horloge attachée, et en ses mains une faux comme la mort, de laquelle terrible et furieux, il voulait trancher les pieds à Mercure. »

« Une belle fleur en la sommité d’une montagne très haute, que l’aquilon ébranlait fort rudement, elle avait le pied bleu, les fleurs blanches et rouges, les feuilles reluisantes comme l’or fin, à l’entour de laquelle des dragons et griffons aquiloniens faisaient leur nid et demeurance. »

« Un beau rosier fleuri au milieu d’un beau jardin, échelant contre un chêne creux, aux pieds desquels bouillonnait une fontaine d’eau très blanche, qui s’alliait précipiter dans les abîmes, passant néanmoins premièrement, entre les mains d’infinis peuples qui fouillaient en terre, la cherchant : mais parce qu’ils étaient aveugles, nul ne la connaissait, fors quelqu’un, considèrent le poids. »

« Un roi avec un grand coutelas, qui faisait tuer en sa présence par des soldats, grande multitude de petits enfants, les mères desquels pleuraient aux pieds des impitoyables gens d’armes, le sang desquels petits enfants, était puis après recueilli par d’autres soldats, et mis dans un grand vaisseau, dans lequel le soleil et la lune se venaient baigner. »

Fortune du mythe
Ce texte connut un succès immédiat et popularisa largement le mythe de Flamel, qui devint l’alchimiste français par excellence. Outre le fait que sa fortune, supposée fabuleuse, dont les traces encore visibles dans Paris témoignaient de sa réussite dans la recherche de la pierre philosophale, ce succès est peut-être en partie dû au fait qu’à l’époque de la Contre-Réforme, Flamel offrait une figure d’alchimiste révérant la Vierge et les Saints, alors que la discipline était dominée par les alchimistes réformés du « renouveau paracelsien », au sein duquel naquirent d’ailleurs d’autres mystifications littéraires alchimiques promises elles aussi au succès : Salomon Trismosin (apparu en 1598), le prétendu maître de Paracelse (1493/4-1541), Basile Valentin (1600), qui aurait été un moine bénédictin du XVe, ainsi que les manifestes Rose-Croix (1614-1615) et Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz (1616).

Le Livre des figures hiéroglyphiques connut de nombreuses rééditions et traductions. Comme déjà indiqué, de pseudo-originaux latins furent forgés. Les figures du Livre d’Abraham le juif qui sont simplement décrites dans l’édition de 1612 furent rapidement représentées dans des manuscrits et dans les éditions ultérieures. Cette tradition se poursuivit jusqu’au XVIIIe siècle, où l’on vit paraître en allemand à Erfurt dans un Uraltes chymisches Werck (1735) : « Une très ancienne œuvre chymique du Rabbi Abraham Eleazar, que l’auteur a écrit partie en latin et en arabe, partie en chaldéen et en syriaque, et qui fut ensuite traduite dans notre langue allemande par un anonyme », et qui contient une nouvelle versions des figures du Livre d’Abraham.

D’autres textes furent attribués à Flamel. En 1619 parut, avec le Traicté du Soulphre du polonais Michael Sendivogius, un Thresor de Philosophie ou Original du Desir desiré de Nicolas Flamel, qui n’est autre qu’une version française du Thesaurus philosophiae d’Efferarius Monachius (XIVe). L’attribution est probablement liée au Livres des laveures qui commence par « Le désir désiré, et le prix que nul ne peut priser »80. Il en est de même pour Le Grand Esclairsissement de la Pierre Philosophale pour la transmutation de tous les métaux (1628), traduction française du traité italien Apertorio alfabetale (1466 ou 1476) de Cristoforo Parigino (Christophe de Paris).

Nicolas Flamel Philosophe François par Balthasar Moncornet (1600-1670), prétendument d’après une gravure de Rembrandt.

En 1655, Pierre Borel, médecin ordinaire de Louis XIV, et premier bibliographe de l’alchimie, rapporte dans son Trésor de recherches et antiquitez gauloises et Françoises  un certain nombre de bruits et rumeurs qui couraient alors sur Flamel : le roi Charles VI aurait envoyé, pour s’enquérir de sa richesse, son maître des requêtes M. de Cramoisy, dont Flamel aurait acheté le silence avec un matras (vase) plein de poudre de projection (une des formes de la Pierre philosophale) ; la maison de Flamel aurait été fouillée à la recherche du Livre d’Abraham le juif, qui aurait été finalement retrouvé par le cardinal de Richelieu peu avant sa mort en 1642. On racontait par ailleurs que Richelieu avait fait exécuter un alchimiste nommé Dubois qui se présentait comme l’héritier du secret de Flamelt.

À la même époque, l’historien de Paris Henri Sauval (1623-1676), est plus dubitatif : « Les hermétiques qui cherchent par tout la Pierre Philosophale sans la pouvoir trouver, ont tant médité sur quelques portaux de nos églises, qu’à la fin ils y ont trouvé ce qu’ils prétendent. […] Ils se distillent l’esprit pour quintescencier des vers Gothiques & des figures, les unes de ronde-bosse, les autres égratignées, comme on dit, sur les pierres tant de la maison du coin de la rue Marivaux, que des deux Hôpitaux qu’il [Flamel] a fait faire à la rue de Montmorenci. »

LA PIERRE PHILOSOPHALE

 

La pierre philosophale (en latin : lapis philosophorum) est une hypothétique substance alchimique. Pour Louis Figuier, les alchimistes attribuaient à la pierre philosophale trois propriétés essentielles :

  • changer les métaux vils en métaux précieux, comme l’argent (argyropée) ou l’or (chrysopée) ;
  • guérir les maladies ;
  • prolonger la vie humaine au-delà de ses bornes naturelles.« Si cet homme a le malheur de chercher la pierre philosophale, je ne suis pas surpris que de six mille livres de rente, il soit réduit à rien. Un philosophe qui a six mille livres de rente a la pierre philosophale. (Elle) conduit tout naturellement à parler d’affaires d’intérêt. »
    Voltaire à l’abbé Moussinot, 13 décembre 1737, Courtat, Les vraies lettres de Voltaire à l’abbé Moussinot, Paris, A.Lainé, 1875, p.93 – arch. pers.

Historique

On trouve des références à la Pierre Philosophale à partir de Cheirokmeta de l’alchimiste gréco-égyptien Zosime de Panopolis (300 AC), de même dans le Kitab al-Fuṣūl al-ithnay ‘ashar fī ‘ilm al-hajar al-mukarram (Le livre des douze chapitres sur la science de la Pierre Illustre) attribué à Ostanès. Les écrivains alchimistes lui attribuent une origine bien plus ancienne. Elias Ashmole et l’auteur anonyme de Gloria Mundi (1620) prétendent que son histoire date d’Adam, qui aurait été informé par Dieu de l’existence de cette Pierre. Ce savoir se serait transmis à travers les patriarches de la Bible. Cette légende est aussi comparée à l’événement biblique du Temple de Salomon et de la pierre angulaire décrite dans le Psaume 118.

Les racines théoriques décrivant la création de la pierre peuvent être attribuées à la philosophie grecque. Les alchimistes utilisèrent ultérieurement les éléments classiques, le concept de l’anima mundi, et des histoires de création présentés dans des textes comme le Timée de Platon comme analogies pour leur processus. Selon Platon, les quatre éléments sont issus d’une source commune ou materia prima (matière première), associé au chaos. Prima Materia est aussi le nom que les alchimistes attribuent à la matière de départ pour la création de la Pierre Philosophale. L’importance de cette question philosophique principale a persisté à travers l’histoire de l’alchimie. Au XVIIe siècle, Thomas Vaughan écrit : « la matière première de la Pierre est la même que la première question de toutes choses ».

Vue d’artiste

Liens vers la symbolique des éléments

LES CATACOMBES

Les catacombes de Paris, terme utilisé pour nommer l’ossuaire municipal, sont à l’origine une partie des anciennes carrières souterraines situées dans le 14e arrondissement de Paris, reliées entre elles par des galeries d’inspection. Elles sont transformées en ossuaire municipal à la fin du XVIIIe siècle avec le transfert des restes d’environ six millions d’individus, évacués des divers cimetières parisiens jusqu’en 1861 pour des raisons de salubrité publique. Elles prennent alors le nom abusif de « catacombes », par analogie avec les nécropoles souterraines de la Rome antique, bien qu’elles n’aient jamais officiellement servi de lieu de sépulture.

D’environ 1,7 km de long visitable, situées à vingt mètres sous la surface, elles sont officiellement visitées par environ 300 000 visiteurs par an à partir de la place Denfert-Rochereau et constituent un musée de la ville de Paris, dépendant du musée Carnavalet. Cette partie ouverte au public ne représente qu’une infime fraction (environ 0,5 %) des vastes carrières souterraines de Paris, qui s’étendent sous plusieurs arrondissements de la capitale. Il existe aussi d’autres ossuaires souterrains à Paris, inaccessibles au public, et qui demeurent particulièrement méconnus.

Catacombes en haut, image tirée du film en bas

Durant le Moyen-Âge, période d’exploitation des carrières, la foi en dieu n’allait pas sans la peur du diable. Les parisiens assimilaient alors les visiteurs nocturnes des carrières, brigands de tout poil à une présence démoniaque. La première apparition du diable eut lieu au château Vauvert (se situant à l’actuel emplacement du jardin du Luxembourg), construit par Robert le Pieux (996-1031), roi excommunié pour avoir épousé une cousine. En cette période trouble pour la foi aux alentours de l’an Mil la légende s’est emparé de cette demeure. Une centaine d’années plus tard c’était une ruine maudite et soit disant hantée en bord de Paris, refuge pour les brigands, ce fut facile pour eux d’entretenir le mythe du diable pour éloigner les curieux. »Les bourgeois racontaient qu’elle était hantée par la toute-puissance de Satan. Les loups hurlaient, des plaintes lugubres montaient le long des murailles, le vieux château s’embrasait au milieu des colonnes de fumée ». Les gens craignaient de passer à proximité et si bien que le chemin passant à coté de du château Vauvert prit le nom de « Via Inferna » ou Voie d’Enfer. Au XIIIe siècle Louis XI fit don de ces terres à l’ordre des Chartreux qui s’empressèrent de chasser toute présence satanique hors du lieu.

Lien vers des explorations urbaines des galeries des catacombes

Les enfers

L’Enfer est, selon de nombreuses religions, un état de souffrance extrême de l’esprit humain après sa séparation du corps, douleur expérimentée après la mort par ceux qui ont commis des crimes et des péchés dans leur vie terrestre.

L’enfer (ou les enfers) désigne aussi le séjour des morts ou d’une partie d’entre eux. La définition de l’enfer et ses caractéristiques sont variables d’une religion à l’autre et sont parfois sujettes à différentes interprétations au sein d’une même religion. Ainsi, selon le bouddhisme, l’enfer est avant tout un état d’esprit de l’individu soumis aux désirs et passions. Le mot enfer vient du latin infernus (« qui est en dessous »).

Crédit : Astrophysique sur Mesure / Jérôme Lamy et Gilles Bessou (c)

Les premières traces de l’enfer sont mésopotamiennes (environ 2000 ans av. J.-C.) : les Akkadiens et les Sumériens croyaient en l’enfer, en tant que lieu où se retrouvent les morts. Leur dieu de l’enfer est Nergal et leur déesse est Ereshkigal.

Lien vers un site web sur la mythologie mésopotamienne

Source principale : wikipédia

Conclusion

Le film catacombes reprend effectivement la légende de Nicolas Flamel sur la pierre philosophale. Cependant, beaucoup d’incohérences entre le mythe de la pierre, la mythologie mésopotamienne et les écrits sur les murs des catacombes. Le réseau des catacombes n’a pas fini d’être exploré, les parties masquées interdites au public sont régulièrement la proie des explorateurs urbains. Et jusqu’à aujourd’hui aucune porte des enfers n’a été découverte avec des inscriptions en sumérien, de plus la fameuse « clé de Rose » en Iran n’existe pas.

 

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